L'art de la guerre

L'art de la guerre
L'Art de la guerre (en chinois : 孙子兵法, pinyin : sūn zǐ bīng fǎ, littéralement : « Stratégie militaire de maître Sun ») est le premier traité de stratégie militaire écrit au monde (VIe siècle av. J.-C. – Ve siècle av. J.-C.). Son auteur, Sun Zi (孙子, sūn zǐ), y développe des thèses originales qui s'inspirent de la philosophie chinoise ancienne.

C'est l'essence de la guerre psychologique illustrée notamment par la guerre d'Indochine, la Guerre du Viêt Nam et la guerre sino-vietnamienne.

Sommaire [afficher]
1 L'auteur
2 Description
2.1 Un art de vivre
2.2 Positionnement par rapport aux stratèges européens
2.2.1 Napoléon Bonaparte
2.3 Citations
2.4 Chapitres
3 Historique





L'auteur [modifier]
La tradition associe l'Art de la Guerre, à un général nommé Sun Tzu, qui aurait vécu à la fin du VIe siècle av. J.-C., et serait entré au service du roi Helu de l'état de Wu. Selon Sima Qian, Sun Tzu aurait fait lire ses Treize chapitres au roi, avant de le conseiller lors de ses campagnes contre l'état de Chu.

Cette attribution a été contestée par des historiens chinois depuis la dynastie des Song, observant l'absence de toute mention de Sun Tzu dans les textes anciens (le Zuo zhuan notamment, qui décrit les guerres entre Wu et Chu), et le fait que les principes défendus par Sun Zi sont plus adaptés à la période des Royaumes Combattants (IVe siècle av. J.-C.), qu'à la période des Printemps et des Automnes. L'Art de la Guerre fut alors attribué à un descendant supposé de Sun Tzu, Sun Bin, qui écrivit également des traités militaires.

Dans les années 1970, la découverte d'une tombe contenant plusieurs textes militaires a mis fin à cette hypothèse. Si elle ne permet pas de prouver l'existence historique de Sun Tzu, elle démontre l'existence de deux traités distincts :

le Sun Zi (孫子), également appelé Sun Wu Bingfa (孫武兵法), ou Wu Sun Zi Bingfa (吳孫子兵法), attribué à Sun Wu, plus ancien (fin VIe-début Ve siècle av. J.-C.) ;
le Sun Bin Bingfa (孫臏兵法) également appelé Qi Sun Zi (齊孫子), attribué à Sun Bin, plus tardif (IVe siècle av. J.-C.).
On pense aujourd'hui que l'Art de la Guerre de Sun Tzu date du début du Ve siècle av. J.-C..


Description [modifier]
L'ouvrage est fondé sur le principe suivant : gagner ou perdre une guerre ne se fait pas par hasard, ni par l'intervention des dieux ou des esprits. C'est une question de méthode et de stratégie. De bons principes stratégiques conduisent à la victoire, il est donc important de les étudier.

Il y a deux concepts de base dans ce livre :

d'abord, « prendre les possessions de l'adversaire en entier » (au début du chapitre 3), et les conserver – si possible – intactes, en particulier les civils, car l'ennemi d'aujourd'hui est le sujet de demain. Tout est relié, de sorte que la guerre faite à autrui a un effet (appauvrissement, morts) sur le pays où elle est faite au moment où elle est faite, mais aussi par la suite sur le monde qui l'entoure (destructions, rancunes, déstabilisation). Historiquement, cette idée se justifie par le fait qu'une guerre, du temps de Sun Zi, opposait forcément des Chinois entre eux (les autres pays du monde étaient très mal connus). Le vainqueur récupérait les sujets du vaincu, car la notion d'ennemi héréditaire n'existait pas.
ensuite, le shi : ce mot renvoie au concept de l'engagement de forces anodines pour faciliter la victoire. Ce déploiement repose sur la préparation, le travail, la bonne connaissance du terrain et des forces en présence (par l'espionnage), et l'adaptation aux circonstances. Il s'agit de s'insérer dans le Tao, d'aller avec le flux.
Ce livre guide aussi le lecteur sur les cinq éléments à prendre en compte dans l'élaboration d'une stratégie :

la cause morale : le « Tao » adresse la moralité et la vertu d'une bataille ;
les conditions temporelles : le paradis est signifié par le « yin » et le « yang » de la pensée daoiste. Ces conditions se manifestent par l'été, l'hiver et l'alternance des quatre saisons ;
les conditions géographiques : la terre comprend le proche et le loin, le danger et l'aisé, les terrains ouverts et les passages étroits ;
le dirigeant : le commandant doit être sage, honnête, bienveillant, courageux et strict ;
l'organisation et la discipline : la délégation de l'autorité et les zones de responsabilité au sein d'une organisation doivent être parfaitement compris.
Sous l'influence du Taoïsme et du Yi Jing (le Livre des Changements) l'Art de la guerre énonce que l'harmonie entre ces cinq éléments est une condition préalable au succès d'une campagne.

Il montre comment la réflexion peut mener à la victoire, comment l'analyse des faiblesses de l'ennemi peut fonder une tactique, si l'on sait les exploiter, et même les aggraver ; il met l'accent sur la psychologie du combat et sur l'importance de la ruse et de la fuite.


Un art de vivre [modifier]
Ces principes stratégiques sont appliqués au domaine militaire, mais peuvent l'être aussi à celui des affaires, de la politique ou de la société. Ce vieil ouvrage apparaît ainsi étonnamment moderne par ses dimensions psychologiques et morales.


Positionnement par rapport aux stratèges européens [modifier]
L'Art de la guerre, déjà introduit en Europe en 1772 par Joseph-Marie Amiot, est encore étudié aujourd'hui dans les écoles militaires occidentales, ce qui donne l'occasion de comparer cet enseignement à celui d'autres stratèges. Cette comparaison est difficile, car Sun Zi reste très « théorique » et n'édicte pas de « procédures » comme dans les ouvrages occidentaux.


Napoléon Bonaparte [modifier]
Sun Zi recommande d'épargner l'ennemi en fuite. Cette stratégie est opposée à celle de Napoléon Bonaparte, qui avait pour principe au contraire de pilonner les fuyards au moyen de l'artillerie afin de ne plus les voir revenir.

Le point de vue de Sun Zi est qu'il faut permettre à l'ennemi de s'enfuir, sinon il se bat avec la « rage du désespoir »[1] et risque d'infliger des pertes sévères, surtout s'il se sait perdu. De plus, Sun Zi dit aussi qu'il faut tromper l'adversaire en fuite, toujours lui laisser croire qu'il peut s'enfuir. Cette lecture est néanmoins sujette à des divergences d'interprétation.

On peut aussi noter qu'à l'époque de Sun Zi la chevalerie canalisait le désespoir dans la lutte, alors que sous Napoléon Bonaparte ainsi qu'avec l'usage de l'artillerie et de son effet dissuasif, le soldat avait davantage tendance à fuir de désespoir, incapable de se venger car incapable de survivre face à une artillerie. Napoléon utilisa beaucoup cet effet dissuasif pour convaincre toute armée en défaite que leurs chances de survie étaient incomparables avec celles des guerriers des Royaumes Combattants de Sun Zi par exemple.


Citations [modifier]
Voir aussi sur Wikiquote les citations « L'Art de la guerre ».
Chapitres [modifier]
Une grande partie de l'ouvrage a été perdue, comme en témoignent certains chapitres très courts[réf. nécessaire]. Il nous reste treize chapitres, mais le plan est assez lâche (certains concepts se retrouvent sous diverses formes dans plusieurs chapitres).

De l'évaluation (始計, Shǐjì)
De l'engagement (作戰, Zuòzhàn)
Des propositions de la victoire et de la défaite (謀攻, Móugōng)
De la mesure dans la disposition des moyens (軍行, Jūnxíng)
De la contenance (兵勢, Bīngshì)
Du plein et du vide (虛實, Xūshí)
De l'affrontement direct et indirect (軍爭, Jūnzhēng)
Des neuf changements (九變, Jiǔbiàn)
De la distribution des moyens (行軍, Xíngjūn)
De la tropographie (地形, Dìxíng)
Des neuf sortes de terrains (九地, Jiǔdì)
De l'art d'attaquer par le feu (火攻, Huǒgōng)
De la concorde et de la discorde (用間, Yòngjiàn)

Historique [modifier]
C'est un Jésuite, membre éminent de la Mission jésuite en Chine, le père Joseph-Marie Amiot qui a traduit et fait connaître cet écrit en Europe en 1772 (sous le nom les Treize Articles), d'où il s'est rapidement diffusé vers les cours royales et les académies militaires.

Ses idées, ignorées durant les époques de guerre totale et de conflits frontaux, ont retrouvé une actualité en inspirant les grandes guérillas anti-coloniales chinoises et vietnamiennes, notamment, et sont aujourd'hui reprises par les stratèges asiatiques et américains de la guerre économique et de la guerre psychologique.

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# Posté le mardi 10 juin 2008 14:00

la lèpre

la lèpre

La lèpre (ou maladie de Hansen) est une maladie infectieuse chronique due à Mycobacterium leprae (une bactérie proche de l'agent responsable de la tuberculose identifiée par le Norvégien Gerhard Armauer Hansen en 1873) touchant les nerfs périphériques, la peau et les muqueuses, et provoquant des infirmités sévères. Elle est endémique dans certains pays tropicaux (en particulier d'Asie).

La lèpre fut longtemps incurable et très mutilante, entraînant en 1909, à la demande de la Société de pathologie exotique, « l'exclusion systématique des lépreux » et leur regroupement dans des léproseries comme mesure essentielle de prophylaxie.

Aujourd'hui traitable par les antibiotiques, des efforts de santé publique sont faits pour le traitement des malades, l'équipement en prothèse des sujets guéris et la prévention.


Lépreux sonnant sa cloche pour avertir les passants. (Manuscrit latin du XIVe siècle)Sommaire [afficher]
1 Historique de la maladie
2 Épidémiologie
3 Diagnostic
3.1 Lèpre tuberculoïde
3.2 Lèpre lépromateuse
3.3 Lèpre borderline
3.4 Diagnostics différentiels à évoquer devant des lésions hypochromiques
3.5 Diagnostic différentiel à évoquer devant des lésions papuleuses
3.6 Diagnostic bactériologique
4 Atteinte neurologique
5 Invalidité
6 Traitement
6.1 Traitement médical
6.1.1 Nouveau schéma thérapeutique en cours d'évaluation
6.2 Autres traitements
6.3 Rechutes
7 Immunité entre tuberculose et lèpre




Historique de la maladie [modifier]
La lèpre est connue depuis l'Antiquité. Les premières descriptions datent de 600 ans avant J.-C. On la retrouve dans les civilisations antiques en Chine, en Égypte, en Inde. On a d'ailleurs longtemps cru à une origine asiatique ; on pensait qu'elle se serait ensuite répandue par les guerriers d'Alexandre le Grand puis par les Phéniciens et les Romains. Les travaux sur le génome de la bactérie à l'Institut Pasteur (Marc Monnot, Stewart Cole, publiés dans Science le 13 mai 2005 [1]) indiqueraient plutôt une origine est-africaine ou du Moyen-Orient avant d'arriver en Asie et en Europe. Elle serait arrivée en Afrique de l'Ouest avec les explorateurs nord-européens, puis l'esclavage l'aurait disséminée dans les Caraïbes et l'Amérique du Sud.

La Bible contient des passages faisant référence à la « lèpre », à la fois dans l'Ancien Testament et le Nouveau. On ne peut pas savoir s'il s'agit de la même maladie : ce terme a en effet été utilisé pour de nombreuses maladies de peau d'origine et de gravité très variables. Un Metzora, est une personne atteinte de tzara'at ("lèpre") dans le livre du Lévitique. La loi israélite faisait obligation aux prêtres de savoir reconnaître la lèpre (Lv 14:1-57).

Dans le Nouveau Testament, Jésus guérissait des lépreux.

Les textes les plus anciens en témoignent, la lèpre a toujours représenté une menace, et les lépreux mis au ban de la société, rejetés par leur communauté et leur famille. C'est encore souvent le cas de nos jours.

La lèpre a donné lieu à des mesures de ségrégation et d'exclusion sociale, quelquefois héréditaires, comme dans le cas des Cagots du Sud-ouest de la France. La décroissance de la lèpre en Europe a débuté dès le XVIe siècle sans que l'on ait une explication satisfaisante[2].

En 1873, le Norvégien Armauer Hansen découvre le bacille responsable de cette maladie.

Ces 20 dernières années plus de 12 millions d'individus ont été guéris de la lèpre.
Sa prévalence a diminué de 90% et la lèpre a été éradiquée dans 108 des 122 pays touchés.
La lèpre n'est plus un problème de santé publique mondiale puisque sa prévalence mondiale est actuellement inférieure à 1 cas pour 100 000 habitants.
Elle demeure un problème de santé publique dans 14 pays d'Afrique et d'Asie (dont l'Inde).

Épidémiologie [modifier]

Répartition en 2003L'Organisation mondiale de la santé recensait, à la fin 2004, 286 000 cas de lèpre dans le monde[3].

La lèpre touche de nos jours encore plus de 700 000 personnes par an dans le monde (La France compte 250 cas déclarés, tous originaires de l'Outre-mer ou des zones d'endémie).

En 2000, 738 284 nouveaux cas ont ainsi été identifiés (pour 640 000 en 1999).
En 2001, 755 000 cas de lèpre ont été diagnostiqués.
En 2002, 763 917 nouveaux cas furent détectés.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état de 91 pays touchés :

90% des cas se trouvent au Brésil, Myanmar, Mozambique, Madagascar, Éthiopie, Inde et Népal (prévalence allant de 2 à 4,6 pour 10 000 habitants selon les pays). Mais la prévalence mondiale reste stable, aux alentours de 1%.
650 000 patients sont sous traitement.
70% des cas enregistrés au début de 2002 vivaient en Inde.
Il y a eu 34 nouveaux cas en Europe en 2002.
Les régions les plus touchées sont par ordre décroissant : Asie du Sud-Est, Amérique du Sud, Afrique.
Le sex-ratio est de 1.
Jusqu'à récemment, l'homme était le seul réservoir naturel connu de Mycobacterium leprae, mais 15 % des tatous sauvages de Louisiane et du Texas ont été retrouvés porteurs de la maladie. Mycobacterium leprae peut être également présent dans le sol.

La transmission de Mycobacterium leprae est mal connue. Elle remonte souvent à l'enfance par inhalation de « postillons » d'un lépreux contagieux. Elle se fait également par des mucosités de lépreux mises au contact d'ulcérations ou de plaies cutanées, enfin par l'intermédiaire d'objets souillés : linge, natte, oreillers... Tous ces modes impliquent les contacts étroits et durables d'une promiscuité de type familial. La transmission héréditaire n'existe pas mais une transmission congénitale est possible. En outre, le sol infecté et les insectes vecteurs (punaises, moustiques) pourraient jouer un rôle dans la transmission de la maladie.

Les patients non traités atteints du type lépromateux hébergent un grand nombre de Mycobacterium leprae dans leur muqueuse nasale, les sécrétions nasales, la salive, les lésions cutanées. La lèpre tuberculoïde, la forme la moins sévère, est généralement considérée comme non contagieuse. L'incubation, exceptionnellement longue (plusieurs années), explique que la maladie ne se développe que chez les jeunes adultes.


Diagnostic [modifier]
Il existe différents types de lèpre. Schématiquement, on distingue 2 formes cliniques : la lèpre tuberculoïde et la lèpre lépromateuse, elles-mêmes reliées par des formes dites intermédiaires.

Depuis les années 1960, afin de mieux standardiser et réglementer la thérapeutique, l'OMS a classé les formes cliniques de la lèpre en :

formes multibacillaires, correspondant aux formes lépromateuse et intermédiaires, ayant plus de cinq lésions cutanées.
formes paucibacillaires, correspondant essentiellement à la forme tuberculoïde.

Lèpre tuberculoïde [modifier]

Tache lépreuseCette forme de lèpre est la plus fréquente. Elle associe :

de grandes taches dépigmentées sur la peau, qui est devenue insensible au toucher, à bords nets, uniques ou en petit nombre, contenant peu ou pas de bacilles. Les éruptions cutanées, comme dans toutes les formes de lèpre, sont non prurigineuses.
des troubles nerveux touchant les membres, avec troubles de la sensibilité et anomalies cutanées : ulcères, maux perforants, mutilations, paralysies.
et des lymphocytes circulants qui reconnaissent Mycobacterium leprae.
Ces patients ne sont pas contagieux.

Lèpre lépromateuse [modifier]

Homme de 24 ans atteint de lépreC'est une maladie générale.

C'est une forme où les lésions cutanées et muqueuses prédominent :

L'atteinte cutanée prédomine, avec des macules hypochromiques (avec ou sans anesthésie) discrètes, à contours flous. Puis apparaissent les lésions typiques de cette forme, les lépromes, qui sont des papules (nodules infiltrés) luisantes nodulaires de sensibilité normale, siégeant sur tout le corps, mais prédominant au visage (avec épistaxis et congestion nasale).
L'atteinte des nerfs est moins sévère dans cette forme.
Il n'y a pas d'immunité vis-à-vis de Mycobacterium leprae.
Ces patients sont contagieux.
Environ la moitié des patients présentant une lèpre lépromateuse développent un érythème noueux lépreux (ENL) au cours des toutes premières années d'antibiothérapie efficace. Cette réaction peut survenir spontanément avant le traitement, facilitant le diagnostic, ou elle peut survenir jusqu'à 10 ans après le traitement.
S'y associent des atteintes :

Otho-rhino-laryngologiques (rhinite sanglante, perforation, mutilation nasale),
ophtalmologiques (très variable, pouvant toucher la conjonctive, la paupière, l'appareil lacrymal, l'oculomotricité mais avec une préférence pour le segment antérieur uvéite, sclérite et épisclérite, cataracte, glaucome)
nerveuses
viscérales (muettes sauf complication) : envahissement ganglionnaire, hépatosplénique, testiculaires (90% des hommes atteints de lèpre lépromateuse, avec risque de stérilité)

Lèpre borderline [modifier]
Entre ces deux formes bien caractérisées, se situe un véritable spectre de formes dites intermédiaires, pour lesquelles les réactions de défense sont instables et variables. Ce 'spectre' est encore mal connu du milieu médical.


Diagnostics différentiels à évoquer devant des lésions hypochromiques [modifier]
Eczématides,
Pityriasis versicolor
Pityriasis rosé de Gibert
Dermite séborrhéique
Vitiligo (mais il n'y a jamais d'achromie dans la lèpre)
Lupus
Herpès circiné
Hypomélanose idiopathique du sujet âgé (en gouttes)
Dyschromie créole (physiologique chez les métis)
Dépigmentation par dermocorticoïdes (y penser chez les Africaines)

Diagnostic différentiel à évoquer devant des lésions papuleuses [modifier]
Sarcoïdose (biopsie),
Recklinghausen,
Leishmaniose cutanée,
Maladie de Kaposi.

Diagnostic bactériologique [modifier]
Elle permet la confirmation diagnostique par mise en évidence du Mycobacterium leprae ou bacille de Hansen.

Sa négativité n'élimine pas le diagnostic, mais sa recherche est importante pour les formes borderline, pour adapter le traitement (patient pauci- ou multibacillaires), et diagnostiquer les rechutes.

La bacilloscopie consiste en trois prélèvements : suc dermique des deux lobes d'oreille et un prélèvement au niveau d'une lésion.
L'IDR de Mitsuda est abandonnée.
Le frottis nasal et la PCR sont effectuées selon les laboratoires.
NB : centres de dépistage à Paris :
CHU Bichat- Claude Bernard, La Pitié,
Institut Pasteur.
Une coloration de Ziehl-Neelsen permet de visualiser le Mycobacterium leprae ou bacille de Hansen à partir de produits de raclage de la muqueuse du nez (rhinite lépreuse) ou à partir des cellules d'éruptions cutanées (lépromes).

On apprécie :

la numération = Index bactériologique IB = Charge Bacillaire cotée de 0 à 6
la morphologie = Index morphologique = Viabilité des bacilles (en %)
On distinguait les patients paucibacillaires PB (pas de bacilles visibles) et multibacillaires MB (index bacillaire non nul).
Actuellement la mise en évidence du bacille n'est plus nécessaire, et l'on distingue les formes PB et MB en fonction du nombre de lésions.

Atteinte neurologique [modifier]
Elle détermine le pronostic de la maladie.

La lèpre touche principalement les nerfs périphériques. Le Mycobacterium leprae a un tropisme neurologique. Le bacille se multiplie dans la cellule de Schwann.

Elle débute (dans la 1re année d'évolution de la maladie) par une hypertrophie des troncs nerveux à rechercher au niveau du cubital, du médian, du sciatique poplité externe (SPE), tibial postérieur (TP), plexus cervical superficiel.

Puis au fil des années, apparition d'une mononévrite multiple douloureuse déficitaire.

Le déficit touche d'abord la sensibilité thermo-algique, puis la conduction motrice avec déficit moteur (parésie puis paralysie), amyotrophie, et troubles trophiques...

L'expression clinique neurologique indique que 30% des fibres nerveuses sont atteintes par le bacille de Hansen.

Les nerfs les plus touchés sont :

nerf V (anesthésie cornéenne),
nerf VII (atteinte de l'orbiculaire des paupières ou des lèvres entraînant des difficultés pour l'alimentation, l'élocution et donc des difficultés d'ordre psychosocial)
nerf cubital +++ (griffe cubitale, amyotrophie hypothénar, hypoesthésie cutanée donc brûlures ...)
nerf médian (amyotrophie thénar, hypoesthésie cutanée ....)
on peut voir des paralysies mixtes cubitomédianes (« main de singe »), aucune préhension possible
le radial, plus rarement (main tombante)
le tibial postérieur (TP) +++, orteils en griffe, mal perforant plantaire
le SPE +++, pied tombant (steppage), pied en varus équin
atteinte mixte SPE + TP
En général la chronologie des troubles neurologiques se présente ainsi :

anesthésie, troubles trophiques
fissures, plaies, brûlures
infection ostéoarticulaire,
diminution de la surface d'appui,
cicatrices adhérentes
amputation, mutilation, perte de substance...

Invalidité [modifier]
Ce sont les complications ultimes de toutes les formes de lèpre.

Ces complications peuvent être invisibles (conséquences psychosociales, maladie tabou), et visibles (mutilations, déformations, paralysie)

L'OMS se base surtout sur les atteintes oculaires et neurologiques pour établir un score d'invalidité.


Traitement [modifier]

Traitement médical [modifier]
Bien que non mortelle, la lèpre expose à des invalidités sévères et des handicaps permanents si elle n'est pas traitée à temps. Le traitement comporte plusieurs antibiotiques, afin d'éviter de sélectionner des souches résistantes du germe. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande depuis 1981 une polychimiothérapie (PCT) comprenant trois médicaments, car Mycobacterium leprae développe des résistances en cas de monothérapie

la dapsone (DDS)
la rifampicine (RMP)
enfin, la clofazimine (CLO)
Ces trois antibiotiques constituent le traitement de référence de l'OMS. Cette association médicamenteuse détruit l'agent pathogène et guérit le malade. La durée du traitement oscille entre 6 et 24 mois, selon la gravité de la maladie.

En cas de résistance et/ou allergie, on utilise :

Forme de lèpre Traitement de référence
Paucibacillaire RMP 600 mg/mois (S) + DDS 100 mg/jour. Durée 6 mois
Multibacillaire RMP 600 mg/mois (S) + CLO (300 mg/mois (S) et 50 mg/j) + DDS 100 mg/j. Durée 24 mois
Ofloxacine,
Minocycline,
Tétracycline,
Clarithromycine.
(S) = traitement supervisé


Nouveau schéma thérapeutique en cours d'évaluation [modifier]
rifampicine + ofloxacine + minocycline en 1 prise mensuelle supervisée pendant 3 à 6 mois pour les patients paucibacillaires et 12 à 24 mois pour les multibacillaires.

Autres traitements [modifier]
Lorsque les lésions sont déjà constituées, le traitement repose en plus sur des prothèses, des interventions orthopédiques, des chaussures spéciales, etc.


Rechutes [modifier]
C'est la reprise de la maladie après une PCT bien suivie. Parfois une résistance aux ATB est en cause.
Elles peuvent être tardives, jusqu'à 9 ans (6 pour les PB) après la PCT.
Elles sont rares, 0,77% à 9 ans (1,07% pour les PB à 6 ans).

Immunité entre tuberculose et lèpre [modifier]
Il y a une certaine immunité croisée entre la tuberculose et la lèpre.

Les pays où la tuberculose a sévi le plus anciennement sont depuis le plus longtemps débarrassés de la lèpre.

Le BCG aurait une efficacité protectrice vis à vis de Mycobacterium leprae. La vaccination faite avant l'âge de 15 ans, et la revaccination amélioreraient cette prévention[4].

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# Posté le mardi 10 juin 2008 13:53

ce que je pense de sauver l'humanité

ce que je pense de sauver l'humanité
Je me demande pourquoi on veut sauver la terre pour nos descendants si on ne les connait pas . Ils pourraient être des nouvaux caligula ou des hitler . Ils repolueraient la planète et il faudrait tout recommencer.

# Posté le mercredi 21 mai 2008 14:46